Malgré ses nombreuses rides apparentes sur son front, l'homme paraissait d'une vigueur intenable, comme un garçon d'une dizaine d'année. Aucun des deux hommes ne parlait, ils se regardaient dans les yeux, sans ciller. Puis, voyant que le silence ne pouvait plus durer, Harry sortit sa baguette, la pointa vers l'homme, et siffla entre ses dents :
_Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
_Je pense que répondre tout de suite à ta première question ne serait pas judicieux et quand à...
_Qui êtes-vous ? Coupa fermement Harry. Comment êtes-vous entré ici ?
_Comme je vois qu'il m'est impossible de ne pas te le dire, je vais te dire mon nom. Mais avant, je vais répondre à ta seconde question, veux-tu ? Bien que de puissants enchantements interdissent l'accès à Poudlard, aux moldus, cracmols et sorciers, il est si simple d'y entrer quand on est une petite araignée, même si on est un animagus.
_Un animagus!
_Oui ! Et déclaré sous le nom de Ronald Amaros Barinetis !
_Ça me dit quelque chose, dit Harry, plus pour lui-même que pour l'homme.
_Bien évidemment, puisque je suis ton arrière grand-oncle.
Harry sentit un sentiment étrange, comme un mélange d'amour et de haine, de fureur et d'angoisse.
Déconcerté, il arracha un minuscule « co...comment » de sa bouche :
_Et oui ! Mais on se fiche qu'on soit de la même famille. Le principal est que j'ai un rapport avec les Horcruxes.
Le professeur haussa les sourcils. Comment cet homme pouvait-il connaître l'existence des Horcruxes ? De plus, il prétendait être de la même famille que lui mais il ne s'était jamais annoncé tout au long de sa vie. Et enfin, pourquoi prendre le risque de venir le voir alors qu'il est si simple de lui envoyer un courrier ? Tout à coup, la réponse lui apparut :
_R.A.B!
_Et bien ! Tu es assez perspicace comme garçon.
_Mais si, comme vous le dites, vous êtes mon arrière grand-oncle?
_Ce qui est le cas.
_Comment se fait-il que j'ai passé mon enfance chez les Dursley, interrogea Harry d'un ton de reproche, et comment se fait-il que vous soyez si jeune ?
_J?ai quand même quatre-vingt-douze ans.
Le jeune homme resta muet d'étonnement. Il ne lui était pas venu à l'esprit que cet homme si vigoureux et si joyeux soit si âgé. Il fut soulagé de l'entendre poursuivre comme si de rien n'était. Mais il le soupçonna de se réjouir intérieurement.
_Malheureusement, j'ai appris notre lien familial que peu avant la mort du professeur Dumbledore?
Harry sentit une douleur soudaine dans son estomac, comme si un n½ud était noué autour et se resserrait.
_Excuse-moi ! Je sais que tu l'aimais beaucoup et...
_Ne vous inquiétez pas ! Ce n'est rien, j'ai...j'ai l'habitude.
Pendant un moment, Harry crut qu'il allait éclater en sanglots, qu'il n'allait pas réussir à retenir ses larmes. Mais Ronald changea immédiatement de sujet, ce qui lui fit temporairement oublier Dumbledore.
_Je suis ici pour t'informer que j'ai détruit le médaillon et que j'ai (je pense) trouvé un autre horcruxe.
_Où ça ?
_Dans la forêt interdite.
_La forêt interdite n'a aucune valeur aux yeux de Voldemort.
_Bien au contraire, il adorait cet endroit quand il était étudiant, notamment une partie de la forêt habité par un peuple de serpents plutôt... hostile.
_Je vois ! Et bien j'irai le chercher demain pendant la nuit.
_Tu auras besoin d'aide, fit-il remarquer, je t'accompagnerai.
_COMMENT ! CERTAINEMENT PAS ! J'IRAI TOUT...
_JE T'ACCOMPAGNERAI QUE TU LE VEUILLE OU NON.
Il avait parlé d'une voix forte et glacial. Avec cette sonorité qu'avait Dumbledore quand il lui avait reproché de ne pas avoir convaincu Slughorn de lui donner son souvenir. Mais contrairement à Dumbledore, il avait haussait la voix, ce qui prouvait la supériorité de l'ancien directeur par rapport à lui.
_Je...Bon ! D'accord !
Voila qui est plus raisonnable. Je te vois donc demain dans le Hall d'entrée à 22h00. Il ne me reste plus qu'à te souhaiter une bonne rentrée et un bon premier cour, professeur.
Et sur ces mots, il se retransforma et sortit de la pièce sur ses huit petites pattes. Enfin, exténué par la fatigue, Harry s'allongea sur son lit sans même prendre la peine de se déshabiller. Il ne pouvait s'empêcher de penser à R.A.B. à l'araignée, aux morceaux d'âmes, et à la forêt interdite. Et paisiblement, sans y songer, il tomba dans un rêve plein d'araignées, d'Horcruxes, et de forêts.
Le lendemain à l'aube, Harry alla prendre son petit déjeuner avant de donner son premier cours. Il commençait par les sixièmes et septièmes années de Gryffondor et de Serpentard. Bien que cela ressemblait beaucoup à l'A .D., la nervosité lui montait rapidement, à un tel point qu'il dut se retenir pour ne pas jeter un sort à un première année qui l'avait bousculé involontairement.
Après un maigre petit déjeuner, Harry retourna vers sa salle de classe. Il fut très surpris de voir qu'une vingtaine de filles gloussantes attendaient déjà devant la porte en guettant l'arrivée du nouveau professeur. L'une d'elle faillit même s'évanouir quand Harry l'effleura.
Quand tous les élèves étaient entrés dans la salle de classe, Harry prit la parole :
_Je pense que ce serait bien de faire quelques duels pour que je vois comment vous vous débrouillez.
De nombreux murmures de contentements se dégagèrent pendant qu'ils se mettaient par groupe de deux. Harry annonça le début des combats, et des jets de rayons de toutes les couleurs fusèrent de tous les côtés. La plupart d'entre eux était loin d'être parfait, mais quelques uns (notamment les anciens de l'A.D.) se débrouillaient d'une façon exemplaire. Luna et Neville avaient une volonté incroyable, Ron et Hermione étaient sûrement les meilleurs de tous, et Ginny était en larmes à cause de Pansy Parkinson qui se moquait de ses cicatrices. Voyant la scène, Harry put profiter pleinement de son poste de professeur :
_Miss Parkinson, dit-il d'une voix douce et mélodieuse, veuillez venir ici pour m'affronter en duel pour voir ce que vous valait.
_M...Moi, balbutia-t-elle.
_Oui ! Vous ! Mettez vous en position.
Elle se précipita de se positionner, les yeux brillant, ses mains tremblantes, elle avait complètement perdu son air hautain qu'elle avait d'habitude. Curieux, les autres élèves avaient arrêté de se battre et regardaient les deux adversaires.
Harry sentait sa puissance. Il avait complètement confiance en lui. Il était sur qu'il pouvait facilement la battre. Les deux combattants se saluèrent et Harry commença à compter :
_1
Il l'a regardée dans les yeux pour savoir ce qu'elle pensait.
_2
Une larme coula dans l'½il de Pansy Parkinson. Un sourire se forma sur le visage du professeur.
_3.
Pansy Parkinson s'écria :
_Expelliarmus.
Mais le sort s'évanouit à peine qu'il fut sortit. Elle relança son sortilège, mais il s'évanouit encore une fois. Elle renouvela son sort et cette fois il ne s'évanouit pas. Cependant, un rayon vert émeraude sortit de la baguette d'Harry. Les deux rayons se touchèrent mais celui du jeune homme absorba l'autre et se propulsa vers la jeune femme qui fut projetée dans un bond de deux mètres et qui s'étala aux pieds de Ginny.
_Bon ! Je crois connaître maintenant votre niveau, dit-il à Parkinson qui venait de se relever difficilement. Et je crois que même s'il est plutôt médiocre, vous pourrez avoir votre Aspic de Défense Contre les Forces du Mal. Mais je pense qu'il faudra beaucoup travailler et cela pour chacun de vous. Cependant, connaissant la montagne de devoirs qui vous attend, je ne vais pas vous donner de travaille pour cette fois. Vous pouvez sortir.
Tous prirent la direction de la porte, excepté Ginny qu'Harry appela.
_Salut ! Ça va ?
_Ouais, répondit-elle d'un air maussade.
_Quoi ?
_Quoi Quoi ?
_Pourquoi t'es nerveuse ?
_Je suis pas nerveuse.
_Je commence à te connaître, Ginny.
Soudain elle éclata en sanglots dans les bras d'Harry pris au dépourvu.
_Je n'en peux plus. Tout le monde me regarde comme si j'étais un monstre.
_Euh... mais non !
_Mais si ! Simplement à cause de mes cicatrices.
_Ah? Euh... Ben... C'est normal.
_POURQUOI C'EST NORMAL, PARCE QUE JE SUIS LAIDE.
_Mais non ! Enfin si...
_QUOI ?
_Enfin non ! C'est juste qu'avant tu sortais avec plein de garçons et maintenant?
_QU'EST-CE QU'IL Y A MAINTENANT ?
_Et maintenant, personne ne voudra plus sortir avec toi, conclu-t-il peut-être un peu trop fermement au goût de Ginny qui ne se priva pas de le gifler violemment.
Harry ferma les yeux un moment, ne croyant pas en ce qui venait de se passer ; sa petite amie lui avait mis une gifle, était-ce déjà la fin de leur relation ?
Quand il rouvrit les yeux, la pièce était vide. Tout doucement, il prit la direction de la porte de la classe, l'ouvrit, et vit ?
Ginny entrelacée avec un beau blond de Serdaigle , s?échangeant un doux baiser.